Électricité: votre offre bloc+spot est-elle la bonne ?
26 février 2026
Depuis la crise de l’énergie, en 2022, les offres « bloc + spot » ont connu un essor particulier. Il faut dire que de nombreux acheteurs qui les ont signés en pleine tempête ont été très gagnants, et cela s’est su. Depuis, beaucoup veulent reproduire la recette. Mais en énergie, ce qui est vrai un jour ne l’est pas forcément le lendemain. Avec la fin de l’ARENH en 2026 et dans le contexte actuel, les offres « bloc + spot » sont-elles toujours pertinentes ? Quelle est la bonne approche pour sa stratégie d’achat d’énergie ? Tribune d’Antoine Garcier, DG d’Énergie d’ici
Retrouvez également cette tribune dans le magazine de Décision Achats.
Bloc + spot : un marché qui évolue
Une offre bloc + spot combine un « ruban », c’est-à-dire la consommation de base, stable et prévisible, avec une partie variable : la « dentelle » en quelque sorte, exposée au prix du marché spot. Pour un industriel à la consommation linéaire, le bloc + spot permettait souvent de couvrir 90 % de ses besoins en « ruban ARENH ». Le risque lié au marché spot était limité à 10 % de son approvisionnement.
Aujourd’hui, beaucoup d’acheteurs veulent reproduire cette stratégie, pourtant conçue pour répondre à un contexte qui n’existe plus.
C’est sans compter sur les prix négatifs de l’électricité, phénomène qui s’amplifie, et alimentent l’enthousiasme. Celui de pouvoir profiter d’un prix de l’électricité très favorable sur une partie de la consommation. Mais attention au mirage : en 2025, malgré davantage d’heures à prix négatif qu’en 2024, le prix spot moyen annuel était supérieur (61 € contre 58,50 €).
De ce fait, les entreprises arrivent parfois chez leur fournisseur avec une idée arrêtée au bloc + spot. Elles ont entendu parler d’une solution et veulent l’appliquer.
Sortir de la logique des offres « toutes faites »
Le raisonnement doit changer. L’achat d’électricité répond à des logiques spécifiques. Il diffère des autres postes d’achat, comme les fournitures ou le matériel, au sein de l’entreprise.
Le bénéfice d’une exposition au spot dépend avant tout de votre courbe de charge. Consommez-vous au moment où les prix sont bas ? Les prix négatifs surviennent principalement au deuxième trimestre. Si votre activité tourne surtout en hiver, vous paierez cher vos heures de pointe. Pour la plupart des entreprises, dont la consommation n’est que peu pilotable, capter les creux de prix relève de l’illusion.
Même pour le bloc + spot, les paramètres à définir sont nombreux : quelle part en bloc ? Quelle part en spot ? Des blocs annuels, mensuels, trimestriels, avec heures de pointe ? N’est-il pas pertinent d’opter pour une offre à clic qui permet de fixer son prix en plusieurs fois ?
Autant de questions que l’acheteur est amené à se poser. Mais avant d’y répondre, il en est deux plus fondamentales : quelle est la tolérance au risque de l’entreprise ? Certaines entreprises peuvent absorber de la volatilité, d’autres ont besoin d’une visibilité budgétaire absolue. D’autre part, quel est le niveau d’engagement que l’acheteur est prêt à mettre dans sa stratégie d’achat ? En effet, une offre bloc + spot nécessite un engagement et un suivi régulier pour bien optimiser les contrats. Cette réalité, souvent négligée, devrait pourtant être le point de départ de toute stratégie d’achat.
S’appuyer sur son fournisseur pour co-construire sa stratégie d’achat d’énergie
L’enjeu n’est donc pas tant de choisir une offre mais plutôt de construire celle qui vous ressemble. C’est là qu’entre en jeu le fournisseur d’électricité, comme Énergie d’ici. Son rôle : assumer le risque à la place de ses clients et éviter de leur en faire porter plus qu’ils ne peuvent en gérer (ce qui arrive parfois avec le bloc + spot). C’est à cette condition qu’il peut proposer des prix justes, adaptés à chaque activité (industrie, tertiaire, etc.).
Au-delà du prix, le fournisseur doit aussi devenir un partenaire de la transition énergétique de l’entreprise. Il peut lui permettre d’accéder à une énergie verte ou le conseiller sur des stratégies d’achat complémentaire, comme un Corporate PPA, par exemple. Les entreprises qui s’engageront dans cette démarche de coconstruction disposeront d’une longueur d’avance.